.
Tant de choses te font penser à ces personnes. Quelques clichés, des musiques, des senteurs, ou même des endroits. Ces visages que tu perds de vue trop rapidement, la vie et le temps, si cruels, les prennent et ne te les rendent parfois jamais. Ils te filent tellement entre les doigts, ils sont fins comme des grains de sable, tu ne contrôles pas grand chose... Et puis, après tout cela, qu'est-ce qu'il te reste? Des souvenirs, des arrêts sur images qui défilent dans ta mémoire, des voix lointaines au creux de ton oreille, une espèce de photo de famille ringuarde posée sur une étagère poussiéreuse, où tout le monde sourit, où tout le monde est beau... Pas grand chose, en somme. Mais peut-être juste assez pour redessiner leurs traits, leurs expressions, ce que tu aimais chez eux. Et puis bien sûr que tu regrettes ces choses que tu ne leur a jamais dites, par pudeur, par peur. Bien sûr que tu te traites de tous les noms parce que tu te rends compte de tes erreurs, de tes mauvais choix, de tes dérapages. Bien sûr que tu regrettes. Bien sûr... mais à quoi ça sert, maintenant que tout est fichu, maintenant que tu n'as plus rien? Ne te fatigues pas, va... Il fallait t'en rendre compte avant, que chaque seconde compte...